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PORTRAIT (CHINOIS) DU NORDESTE BRASILEIRO

Même après 2 mois au Brésil, il serait bien aventureux de chercher à dresser un portrait de ce pays continent tant les différentes régions ont chacune leurs spécificités. Notre mois et demi passé à sillonner les côtes du Nordeste nous a en revanche permis d’avoir un bel aperçu des richesses et particularités de 8 des 9 Etats – Maranhão, Piauí, Ceará, Pernambouc, Alagoas, Sergipe, Bahia et Rio Grande do Norte – de cette immense région, à l’échelle de certain des autres pays que nous avons pu traverser. Voilà donc notre portrait chinois du Nordeste brasileiro !

Un paysage

les Lençois Marenhenses (littéralement “draps du Maranhão”), immense désert de dunes de sable fin blanc entre lesquelles se lovent des lagunes d’eau douce chaude et cristalline accumulée pendant la saison des pluies (à découvrir de mai à septembre). Un paysage d’une douceur et d’une sensualité sans égal dans lequel nous avons eu la chance de trekker pendant 2 jours !

Une montagne

le Morro do Pai Inácio, mont tabulaire (parfois surnommé “la molaire” en raison de sa forme) qui culmine à 1120m d’altitude et offre une vue spectaculaire sur la Chapada Diamantina. Version tropicale de la Monument Valley avec canyons vertigineux, innombrables cascades, cavernes et piscines naturelles située dans l’Etat de Bahia, cet immense parc naturel tire son nom de l’exploitation diamantifère qui s’y pratiquait jusqu’en 1996.

Une ville / un village

Salvador da Bahia, “Rome noire, ville métisse” – comme la surnomme très justement Michel Agier dans son livre éponyme. Avec ses 365 églises (soit ni plus ni moins qu’une pour chaque jour de l’année !) et sa richesse culturelle fortement marquée par l’héritage africain (folklore et fanfares traditionnelles, capoeira, arts visuels, pratique de religions afro-brésiliennes comme le candomblé, etc.), Salvador est une ville fascinante et haute en couleurs où se côtoient splendides édifices coloniaux rénovés, favelas et immeubles de luxe avec vue sur la Baie de tous les Saints. Fondée en 1549 par le Portugais Tomé de Souza, elle fut la première capitale du Brésil, avant que le pouvoir ne soit transféré à Rio de Janeiro en 1763.

Un site construit / monument

les innombrables églises (igrejas). Des immenses édifices coloniaux monumentaux plus ou moins bien restaurés aux petits bâtiments modestes abritant des “Assembleia de Deus” (courant évangélique particulièrement présent dans cette région du Brésil), il y en a partout et pour tous les goûts !

Un point de vue

la vue depuis le phare/mirador de Mangue Seco, parcelle de paradis bordée par les cocotiers, nichée au creux de dunes splendides, longée à l’est par l’océan Atlantique, à l’ouest par le Rio Real. La magie du lieu est le fruit de la volonté des habitants de la préserver à tout prix. Ici, ni complexes hôteliers, ni hordes de touristes mais au contraire une conscience profonde de la protection de l’environnement. Le mode de vie de Mangue Seco est resté intact et autochtones et touristes vivent à l’abri du rythme effréné du monde moderne, bercés par le murmure caressant des vagues, les déferlements du vent qui survole les dunes…

Un espace public

la plage, sur des milliers de kilomètres. Des plages urbaines et animées aux plages désertes bordées de cocotiers, inlassablement léchées par les vagues de l’océan, il y en a pour tous les goûts.

Une couleur

le bleu des azulejos du charmant centre historique de São Luís, des lagunes d’eau douce des Lençois et des rivières souterraines de la Chapada Diamantina ; le bleu du ciel et surtout de l’océan atlantique.

Un élément / une matière / un matériau

le sable, omniprésent sur les côtes du Nordeste, en particulier dans les paysages arides et dunaires de la “route des émotions” entre Atins et Fortaleza.

Une ressource naturelle

la canne à sucre et la noix de coco dont les plantations à perte de vue sont caractéristiques des paysages que nous avons pu traverser en particulier lors de notre roadtrip de Recife à Salvador da Bahia où certaines portions de route sont même surnommées “linha verde” et “estrada de coco”.

Un plat / une spécialité culinaire

la carne de sol, littéralement « viande du soleil », aussi appelée “carne de vento” ou “carne do sertão”, qui désigne un plat de viande, le plus souvent de boeuf ayant été salé puis séché et conservé dans un lieu couvert et bien ventilé (et non pas au soleil comme son nom pourrait le faire penser !)

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Un aliment

les fruits exotiques : côco (surtout consommée en agua de coco: un coup de machete, une paille et le tour est joué), cajú (petit fruit rouge ressemblant à un poivron), maracujá (fruit de la passion), goiaba (goyave, délicieuse en confiture), abacaxi (ananas), manga (mangue), acerola (baie rouge ressemblant beaucoup à la cerise), tamarindo (fruit du tamarinier), et tant d’autres… surtout consommés au petit dej’ (café da manhã) dans les superbes buffets des pousadas ou en suco natural à toute heure de la journée.

Une plante / un arbre

les palmiers, et notamment l’espèce “Carnauba” (palmes en éventails), dont la cire que l’on extrait par le battage des feuilles suivi d’un raffinage et parfois d’un blanchiment est utilisée dans les cosmétiques, en particulier dans les mascaras, dans la composition de cirages, de cires automobiles, de confiseries (Smartie’s, Tic-Tac, M&M’s, Dragibus, Boule magique,…), comme additif alimentaire sous le numéro E903 comme agent d’enrobage, ainsi que pour la finition d’aspect dans le tournage des bois.

Un alcool

la cachaça, alcool brésilien par excellence, obtenue par fermentation du vesou, le jus de canne à sucre. La cachaça est distillée à 40°, et immédiatement embouteillée, contrairement au rhum agricole, qui lui, est distillé à 65-75° et ramené aux degrés souhaités par adjonction d’eau de source.

Une boisson

la caïpirinha bien sûr, cocktail brésilien par excellence à base de cachaça, de sucre de canne et de citron vert, créé par les paysans et dont le nom signifie littéralement “petite caïpira” (caipira = péquenot en portugais) ; mais aussi l’agua de coco, très consommées dans toute la région.

Un art

la capoeira, art martial afro-brésilien qui puiserait ses racines dans les méthodes de combat et les danses des peuples africains du temps de l’esclavage au Brésil.

Un artisanat

la fabrication de hamacs.

Un vêtement / un accessoire

les tongs (“chilenos” en portugais) Havainas que l’on voit à tous les pieds et qui sont vendues littéralement partout : en supermarché, à l’épicerie et jusqu’à chez le boucher ou à la pharmacie.

Un animal

la crevette (camarão), le poisson (peixe) et le crabe (aranguejo/aratu/siri) dont on se régale en caldo (soupe), bolinho (boulettes farcies et frites) ou encore en moqueca (ragoût bahianais à l’huile de palme) mais aussi les petits singes, macaques ou ouistitis que l’on croise un peu partout et que l’on voit souvent roder dans les pousadas comme par hasard vers l’heure du petit dej!

Un sport

le surf et surtout le kitesurf pour lequel les côtes du Nordeste (en particulier au nord de Natal) font partie des meilleurs spots au monde : eau chaude, vent constant et régulier, plans d’eau calmes et plats près des nombreuses embouchures de rios. Idéal pour s’y mettre !

Un symbole

le cocotier, qui se plait particulièrement dans cette région au climat semi-aride chaud et sec.

Un mot

“belleza” = parfait/super/nickel et “legal” [prononcé légaou]= génial ; expressions typiquement brésiliennes que l’on adopte bien vite !

Une expression / un slogan

“Deus e fiel” qui signifie “Dieu est fidèle” et que l’on voit inscrit sur de très nombreux véhicules dans toute la région. Après avoir pensé qu’il s’agissait d’un jeu de mot avec “fioul”, nous avons finalement compris que ce n’était qu’un témoignage de plus de l’omniprésence des références à la foi catholique, si importante dans la société brésilienne.

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Une attitude / un trait de caractère

comme les brésiliens des autres régions, les habitants du Nordeste sont souriants, accueillants et toujours prêts à rendre service !

Une figure historique

Amerigo Vespucci, le navigateur italien qui découvrit le 1er novembre 1501 une baie sur la côte brésilienne et la baptisa, en référence à la Toussaint et pour remercier les Dieux du bon déroulement de la traversée “São Salvador da Bahia de Todos os Santos”, soit Saint Sauveur de la Baie de Tous les Saints. Considéré comme le premier européen à comprendre que les terres découvertes par Christophe Colomb faisaient partie d’un nouveau continent, il donna son nom à l’Amérique.

Un bruit / une mélodie

ceux des énormes soundsystems ambulants installés sur les toits (plusieurs m² d’enceintes à 360°) ou dans les coffres des véhicules en tous genres, du combi Volkswagen à la voiture de particulier. Certains affichent un numero de téléphone pour proposer leurs services de “propaganda” et sont donc à priori dédiés à relayer de la publicité locale au micro, mais on en voit aussi beaucoup qui sont simplement là pour ambiancer les villages. On adore !

Une odeur

celle de l’alcool de canne à sucre à proximité des distilleries.

Un transport

le Combi Volkswagen blanc, longtemps produit au Brésil et que l’on croise partout sur les routes du Nordeste ; mais aussi la “jardineira”, sorte de colectivo/4×4 ouvert avec 4 ou 5 banquettes à l’arrière, très utilisé dans l’Etat du Maranhão notamment pour les excursions dans les Lençois ; et bien sur les incontournables petits buggys colorés qui filent à vive allure le long des milliers de kilomètres de plages pour le plus grand bonheur des touristes ou tout simplement pour accéder à des spots (de kite!) inaccessibles autrement.

Un des charmes de cette région, vous l’aurez compris, est de ne pas disposer partout d’un très bon réseau routier et donc de n’être accessible qu’avec des véhicules adaptés, en passant par les plages et souvent en traversant des cours d’eau en barges… l’aventure quoi !

Une route / un chemin

la superbe route du littoral de la portion Maragogi-Maceio-Penedo dans l’Etat d’Alagoas, traversant, au milieu des cocotiers, de petits villages de pêcheurs tranquilles où le temps semble s’être arrêté.

Une musique

le forró, qui est la musique du Nordeste par excellence. Le terme recouvre un ensemble de styles différents : xaxado, baião, chamego, coco ou encore xote. L’orchestre comporte trois instruments principaux : l’accordéon, le tambour (ou zurdo) et le triangle, et on danse à deux, parfois de façon très lascive (parfait pour « socialiser »!).

Un livre / un auteur

Capitaines des sables, de Jorge Amado: un bouquin génial sur un groupe de gamins des rues vivant dans un coin abandonné et désert des entrepôts de Bahia. Vêtus de guenilles, sales, quasi affamés, lâchant des jurons et fumant des mégots, ils sont en vérité les maîtres de la ville, ceux qui la connaissent totalement, ceux qui totalement l’aiment, ses poètes. Ils volent, participent à toutes sortes de mauvais coups, et si habilement que la police ne peut jamais les prendre sur le fait. Leur chef s’appelle Pedro Bala. Ses lieutenants sont le Professeur (parce qu’il aime lire), Patte-Molle, le Chat, Sucre-d’Orge, Coude-Sec, etc. Un jeune prêtre, l’abbé José Pedro, s’intéresse à eux, essaie de les ramener dans une voie meilleure. S’il réussit à se faire aimer d’eux, il ne parvient pas à les amender et n’aboutit qu’à se faire très mal voir de ses supérieurs. C’est l’existence mouvementée, dramatique et poétique à la fois, de cette bande de petits chenapans qui unissent la ruse et l’audace des hommes faits à l’innocence et au charme des enfants qu’évoque le roman de Jorge Amado. Un régal !

Un film / une série

Le Grabuge, tourné à Canoa Quebrada par une équipe française sous la direction d’Edouard Luntz en 1968 alors que le village n’était alors qu’une petite colonie de pêcheurs. Le tournage fut marqué par l’alternance de journées d’intense labeur et de nuits de la plus totale débauche. Le film ne fut jamais distribué, la pellicule fut même détruite par le studio Fox qui l’avait produit, et qui considérait l’intrigue comme trop provocatrice et contre l’establishment (aujourd’hui jugée politiquement incorrecte). Il n’existe malheureusement donc pas d’images d’archives de la paisible Canoa Quebrada des pêcheurs d’antan. De cet épisode datent peut-être les étranges et inexpliqués symboles (une lune et une étoile) que l’on peut observer, gravés sur la falaise qui surplombe le village. Il se serait trouvé, dans l’équipe de tournage, un pieux Marocain de confession musulmane qui les aurait tracés, ceci pour demander à Allah de pardonner ses camarades pour leur inconduite.

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